40 min, 2 danseurs
Avec deux danseurs, des journaux lumineux et des néons pour seules lumières, NEONS Never Ever, Oh ! Noisy Shadows se joue entre ombre et lumière et traite de l’intimité et de la séparation. Une pièce forte et graphique qui se rapproche des arts visuels, dans la lignée de Black Out et Vacuum.
C’est l’histoire de deux hommes dont nous ne savons rien, pris à un moment difficile de leur couple.
Le mouvement est ciselé, intense, parfois d’une violence sourde. Allié à la voix de Maria Callas, il sert une chorégraphie marquante par ses contrastes: forte et intime, froide et violente, investie non sans être ironique.
NEONS compose, avec Black Out (2011) et Vacuum (2015), une série en cours appelée Dispositifs dans laquelle une idée visuelle est au départ de la création. Ici, les journaux lumineux et les néons forment la lumière, le décor et le sous-texte de la pièce. Ces derniers découpent des scènes dans la pénombre et produisent des nuances de gris insoupçonnées.
« (…)L’exubérance initiale laisse place à une absurdité morbide. Cette impression est encore renforcée à la fin des quarante minutes que dure le spectacle, lorsque monte une brume qui enveloppe la scène dans un nuage de fumée, jusqu’à ce que ne subsiste plus qu’un nuage rouge lumineux. Cette image finale est d’une rare beauté. (…)le chorégraphe lausannois fait preuve d’une incroyable intelligence artistique. »
Isabelle Jakob, Neue Zürcher Zeitung, Zürich
Au départ du spectacle, l’envie de travailler picturalement sur la lumière très spécifique du néon, sur les corps et l’espace. D’utiliser son grain et ses qualités de gris pour générer des images en mouvement. De penser aux ombres comme à du graphite ou du fusain.
Le choix de confronter à la danse le langage écrit (ici sur des journaux lumineux défilants). De mettre en contraste la force d’évocation du mouvement et la fausse évidence, voire la trivialité des mots.
Est-ce la lumière, qui unit ou divise, qui caresse ou qui fouille, est-ce la part d’ombre qu’elle implique, la prise de pouvoir qu’elle peut représenter… toujours est-il que peu à peu s’est imposée à moi l’idée que ce spectacle parlait d’une séparation.
Une séparation « générique » s’appuyant sur les constituants quasi chimiques de l’évolution d’une rupture, et recherchant les effets physiques de cette chimie de la dégradation.
Ainsi, peu importe l’histoire de ces deux hommes et l’état de leur relation : on entre directement dans un moment de leur vie. On y entre par le biais de leurs codes physiques et par les sensations que ces codes nous procurent.
Peu à peu, l’éloignement s’installe et se renforce, sans qu’on sache bien pourquoi. Ca nous échappe. Nous essayons bien d’en trouver les causes, mais ce que nous trouvons ne reste qu’anecdotes. C’est d’une nature qui nous dépasse.
Inévitablement, avec deux hommes sur le plateau, nous parlons là d’une rupture homosexuelle. Le choix a été de traiter cet état de fait comme une évidence et n’ayant rien d’exceptionnel. L’amour est générique, la séparation aussi. Le divorce aussi est pour tout le monde.
Philippe Saire
La fin d’une histoire d’amour
Un couple, la nuit, le désamour… Le nouveau spectacle de danse de Philippe Saire explore des terrains inédits dans son œuvre. On le savait joueur, sombre et ironique. Le voici émouvant aux larmes et plus intime que jamais. Cette histoire d’amour entre deux hommes vise à l’universel. Elle s’écrit sur des journaux lumineux rouges, des prompteurs qui diffusent les mots de l’intimité, ceux que l’on n’arrive pas à prononcer, et ceux que l’on dit machinalement, parce qu’on n’y croit plus. Les mots défilent, comme une effusion de sang s’écoule d’une blessure. « Tout est fini », « Je suis un salaud ». Ils sont les seules sources lumineuses qui éclairent la scène, avec des néons manipulés par les danseurs. Philippe Saire excelle à peindre avec les ombres. Sans chercher la beauté, cette esthétique contemporaine évoque, par ricochet, l’éclairage des toiles du Caravage, ou des scènes à la bougie peintes par Georges de La Tour. Le corps est là, dans son mystère, sa fragilité, ses limites. Celui qui n’est plus aimé est rejeté, « liquidé », comme à la fin de tout amour. Le chorégraphe parvient, par une recherche plastique, à toucher les sentiments profonds. La voix mixée de la Callas, dans l’opéra Adriana Lecouvreur de Francesco Celia, n’y est pas étrangère. C’est un poème en mouvements, dur, sous tension, qui s’écrit sous nos yeux. Un anéantissement, jusqu’au dernier souffle. Alors la nuit est si triste qu’elle devient blanche…
Julien Burri, L’Hebdo, Suisse
(…) le chorégraphe lausannois fait preuve d’une incroyable intelligence artistique.
(…) L’exubérance initiale laisse place à une absurdité morbide. Cette impression est encore renforcée à la fin des quarante minutes que dure le spectacle, lorsque monte une brume qui enveloppe la scène dans un nuage de fumée, jusqu’à ce que ne subsiste plus qu’un nuage rouge lumineux. Cette image finale est d’une rare beauté. Isabelle Jakob, Neue Zürcher Zeitung, Zürich
Dans ce nouveau spectacle, Philippe Saire poursuit une exploration du côté plastique de la scène. Les néons sont incrustés dans des caissons noirs, mobiles, qui sont manipulés sur scène, ce qui permet littéralement de sculpter la lumière avec des nuances de gris et de noir absolument spectaculaires.
D’autres caissons sont traversés par des leds lumineux rouges dans un défilement de courtes phrases, de pensées, des bribes de texte qui donnent une dimension un peu mystérieuse à la représentation.
Troisième élément évidemment, la danse. Deux danseurs, Philippe Chosson et Pep Garrigues. Mieux encore, deux corps impliqués dans une confrontation très serrée faite de gestes, de caresses, de coups à travers lesquels se dessine une fragile et cruelle histoire d’amour et de haine entre ombre et lumière dans une certaine nudité des corps et des gestes, d’une force assez remarquable. (…)
Pierre Lepori, Les Matinales / Radio Télévision Suisse
(…) L’oeil se plaît à perdre et rechercher les contours de cette anatomie étrange, qui voit régulièrement surgir des réminiscences du patrimoine pictural : figures christiques, actions muettes. Une histoire dansée de la peinture, ou une histoire picturale de la danse…
Marie Chavanieux, La Terrasse, Paris
Concept, chorégraphie et textes
Philippe Saire
Chorégraphie en collaboration avec les danseurs
Philippe Chosson, Pep Garrigues
Dramaturge
Roberto Fratini Serafide
Création sonore
Stéphane Vecchione
Costumes
Isa Boucharlat
Direction technique
Yann Serez (création), Vincent Scalbert (tournées)
Régie
Mickaël Henrotay Delaunay
Techniciens
Léo Piccirelli, Théo Serez
Captation vidéo et teaser
Pierre-Yves Borgeaud
Photographies et design graphique
Philippe Weissbrodt
Musique
Francesco Cilea, Adriana Lecouvreur : « Poveri Fiori », interprété par Maria Callas.
Concept, chorégraphie et textes
Philippe Saire
Chorégraphie en collaboration avec les danseurs
Philippe Chosson, Pep Garrigues
Dramaturge
Roberto Fratini Serafide
Création sonore
Stéphane Vecchione
Costumes
Isa Boucharlat
Direction technique
Yann Serez (création), Vincent Scalbert (tournées)
Régie
Mickaël Henrotay Delaunay
Techniciens
Léo Piccirelli, Théo Serez
Captation vidéo et teaser
Pierre-Yves Borgeaud
Photographies et design graphique
Philippe Weissbrodt
Musique
Francesco Cilea, Adriana Lecouvreur : « Poveri Fiori », interprété par Maria Callas.