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Cie Philippe Saire
Av. de Sévelin 36
1004 Lausanne
Suisse

en résidence permanente au Théâtre Sévelin 36

+41 21 620 00 12 info@philippesaire.ch

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Comment retenir sa respiration spectacle ×

Dana est une femme de son temps installée à Berlin, active et intégrée au système économique contemporain. Elle rencontre un soir l’amour, mais l’homme dont elle s’éprend est le démon. Il la traite en putain et cherche à tarifer leur relation, ce qu’elle refuse. Et nous voilà projetés dans une fable économico-sentimentale et débute une course poursuite qui lui fera traverser l’Europe. De cette fêlure initiale, l’ordre établi est ébranlé et l’Europe s’effondre, les flux s’inversent et les migrants se précipitent vers l’Afrique — traversant soudainement la
Méditerranée dans l’autre sens.
Zinnie Harris ramasse en sa main le mythe de Faust, l’arrogance du vieux monde sur le nouveau, la crise financière de 2008, la catastrophe humaine de nos jours, l’ONU, les traversées aléatoires… elle secoue le tout et lance tous ces éléments sur le plateau comme un sorcier jette ses amulettes pour y voir plus clair, ou peut-être pour y lire l’avenir.
On trouve ainsi un cocktail vif et acide, des personnages nourris au romanesque, des soliloques tantôt enfantins et tantôt avides de tragédie… une sorte de vaudeville politique à taille humaine dont la plus grande qualité est cette tenue, jusqu’au bout, du personnage principal. Dana garde raison alors que son monde s’effondre et c’est bien ce décalage, ce traitement inflexible du réel, qui rend crédible l’invraisemblable.


Lors de la première lecture de la pièce de Zinnie Harris, j’ai été pris d’emblée par la
richesse du langage, la diversité des thématiques abordées (aux échos éminemment
contemporains) ainsi que par sa structure proche du scénario, qui traite comme un puzzle les 20 scènes de la pièce, tissant et entremêlant actions et personnages. Rien n’est asséné, tout est suggéré, et on sent bien qu’il appartient à la mise en scène de souligner telle ou telle thématique. Cette invitation à la liberté, supportée par une écriture et une structure fortes, est aussi rare que précieuse. Il m’arrive peu souvent de tomber sur des textes de théâtre qui me laissent cette impression.
Si la pièce contient un souffle épique, elle est aussi de l’ordre de la fable. Une fable
morale si l’on pense que Dana, ressuscitée à la fin, passe un examen professionnel
sur les relations clients-entreprises. Après tout ce qu’elle a vécu, on peut imaginer que
ses perspectives ont pour le moins changé. Plus globalement, Comment Retenir sa
Respiration s’appuie sur l’intime pour traiter de l’universel, du politique, de la condition humaine… C’est ce que je recherche dans une pièce, et je suis convaincu que c’est là la force d’évocation du théâtre : donner à voir ce que vivent les gens, les luttes personnelles, les enjeux concrets et non les discours.
Là, tout part d’un malentendu : le personnage principal, Dana, pense avoir une
relation basée sur une attirance mutuelle alors que son partenaire veut la payer. La
transaction impossible va se répandre comme une maladie contagieuse, s’amplifier
jusqu’à envahir le monde, en bouleverser l’ordre et en ébranler son contrôle. Une sorte d’effet papillon, dont le litige de départ est le refus obstiné que tout puisse être réduit au quantifiable, et l’insistance de Jarron à effacer ce qu’il considère comme une dette.
Ce sont les prémices de la pièce, là d’où part l’épopée. Un effet domino se met en place, et progressivement tout se dégrade. Dana doit traverser l’Europe pour un job, mais les effets de sa dette la poursuivent et génèrent multitude d’obstacles. Tout devient kafkaïen : voyager devient infernal, de même que se procurer de l’argent, et on assiste à un effondrement de l’Europe. Toutes nos « garanties » de confort et de sécurité s’écroulent et au final, Dana et sa soeur sont prises dans un flux migratoire qui s’inverse et va du Nord au Sud.
Nous vivons très fort les certitudes et l’éphémère dont est fait notre monde. La fable
de Comment Retenir sa Respiration nous parle de la fragilité de nos soi-disant acquis et, peut-être, de la force de vie qui les dépasse.


Mise en scène et chorégraphie
Philippe Saire


Interprétation
Claire Deutsch, Marion Chabloz, Pierre-Antoine Dubey, Zaccharie Jourdain


Dramaturgie
Carine Corajoud


Lumière
Eric Soyer


Création sonore
Stéphane Vecchione


Costumes
Isa Boucharlat


Direction technique
Vincent Scalbert


Traduction
Blandine Pélisser


Sponsors et partenaires
La Compagnie est au bénéfice d'une convention de soutien conjoint avec La Ville de Lausanne, le Canton de Vaud et Pro Helvetia, Fondation Suisse pour la culture.


↳ PHOTOS HD
↳ FICHE TECHNIQUE